Les questions difficiles à poser.

Ces questions dont nous avons peur d’entendre la réponse.

Crédit photo : Etienne Boulanger / Unsplash

Il y a quelques années, j’étais dans une relation que je jugeais sérieuse avec un homme. Dans l’ensemble, je trouvais que ça se passait bien : il voulait toujours me voir, nous passions énormément de temps ensemble, il parlait de projets de vacances avec moi. Dans les détails, ça se passait beaucoup moins bien : il me parlait très souvent de son ex, il avait une “meilleure amie” très présente ; il avait fait une vasectomie (et je voulais un enfant). Je voyais que plusieurs aspects de notre relation allaient à l’encontre de ce que je recherchais chez un partenaire, mais au moins j’étais en couple. J’étais terrifiée à l’idée de faire chavirer cette relation en posant des questions difficiles : “es-tu toujours amoureux de ton ex ?”, “sommes-nous exclusifs ?” ou “que se passe-t-il si je te dis que je veux un enfant avec toi ?”

Je me mentais en me disant qu’au final j’avais déjà des réponses à ces questions : il passait du temps avec moi (donc il n’avait certainement pas le temps de voir quelqu’un d’autre). Il voulait partir en vacances avec moi (ça voulait dire que j'étais vraiment officielle dans sa vie, non ?). Toutes ces questions que je n’osais pas poser ont fini par me rattraper. Il m’a quittée du jour au lendemain, sans explications.

Dans mon article précédent, je vous parlais de schémas répétitifs, et dans cet article nous allons parler plus en détail d’un aspect de ces schémas : le silence. 

I. Pourquoi n’osons-nous pas poser ces questions ?

1. La peur de la réponse.

Sans hésiter, cette peur de la réponse remporte la place numéro 1. Nous ne savons pas exactement ce que l’autre veut, et dans le doute, nous préférons nous taire plutôt que d’affronter une réponse qui pourrait ne pas convenir à ce que nous désirons.

 2. La peur de passer pour quelqu'un de trop exigeant ou de trop pressé.

Nous voulons apparaître comme une compagne flexible et sympathique. Nous ne voulons surtout pas mettre la pression sur la relation en posant des questions, quitte à emmagasiner cette pression en nous.

 3. La peur de faire fuir l'autre.

Une question difficile va entraîner une conversation compliquée, et nous ne voulons pas nous mettre dans une position où l’autre pourrait nous quitter et nous faire revenir à notre point zéro de célibat.

 4. Nous connaissons déjà la réponse.

Notre instinct nous parle, les signes sont là : nous connaissons déjà la réponse à la question que nous n’osons pas poser. Si nous la posons, le château de cartes s'effondre, alors que si nous restons silencieuses, nous pouvons vivre un peu plus longtemps avec l’espoir que les choses vont changer.  

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II. Les questions difficiles que vous évitez

Le silence nous fait perdre quelque chose d’inestimable et d’irremplaçable : du temps. Nous pouvons passer des mois, ou même des années, à attendre que l’autre change d’avis ou de façon de voir l’avenir. Alors demandez-vous : quelles questions ai-je peur de poser ?

1. Sommes-nous ensemble ?

Parmi les questions que nous évitons, il y a celles sur l'engagement : “Où va cette relation ?” et “Que voulons-nous vraiment chacun de notre côté ?” Je me souviens avoir été dans cette situation, et je me disais : “moins je parle, moins il y a de vagues dans notre relation, et plus le temps passe, plus l’autre a le temps de s’attacher à moi”. Évidemment, cette logique a des limites. Et s’engager avec quelqu’un à l’aveugle peut être une décision dangereuse. 

2. Sommes-nous exclusifs ? Quelle est la situation avec son ex ?

Cette question de l'exclusivité revient sans cesse. Voit-il quelqu’un d’autre ? Ne pas poser ces questions nous emmène sur une route jalonnée de doutes et de stress. 

Même chose pour les questions relatives au passé. Parler de relations précédentes, de ce qui s’est passé, de pourquoi ça s'est terminé, n’est pas une conversation sans importance. Souvent, j’entends : “Oui, mais je ne veux pas savoir, le passé, c’est le passé”. Pourtant, connaître les relations passées de votre partenaire est important. Cela va vous apporter des clés de compréhension sur sa façon d’être en couple, sur la manière dont il quitte ou se fait quitter, et sur ses valeurs dans une relation sérieuse.

3. Partageons-nous les mêmes projets de vie ?

Tout ce qui vous est cher pour vivre une vie heureuse devrait avoir la priorité sur n’importe quelle connexion que vous pouvez ressentir vis-à-vis de quelqu’un : 

  • Où voulez-vous vivre ?

  • Voulez-vous des enfants ?

  • Comment voyez-vous votre vie professionnelle ?

  • Voulez-vous vous marier ?

4. Partageons-nous les mêmes valeurs ?

Et enfin, vos valeurs non négociables : celles qui structurent votre quotidien. Quelles sont ses valeurs familiales ? Quelles sont ses relations avec ses amis ? Quelle est sa relation avec l’argent ?

III. Quand et comment poser ces questions difficiles ?

1. Poser les questions difficiles le plus tôt possible.

J’entends souvent : “C’est beaucoup trop tôt pour poser cette question”. Mais plus nous reportons ce genre de question difficile, plus ces dernières prennent du poids. Ce qui pouvait être une question de curiosité en début de relation devient quelque chose de beaucoup plus sérieux au bout de quelques mois, car nos sentiments s’en mêlent et font augmenter les enjeux de la relation. Il n’y a pas de règle officielle, et je ne vous dis pas d’arriver nécessairement au premier rendez-vous avec votre Rolodex de questions difficiles, mais si le moment s’y prête, allez-y ! Mieux vaut savoir tôt que tard si cette personne vous correspond.

2. Comment poser ces questions difficiles ?

Posez vos questions difficiles en expliquant le contexte et en parlant de vous en premier lieu, et de ce que vous cherchez ou attendez d’une relation. Puis soyez curieuse de l’autre : “Dans une relation, je cherche… et toi ?” Avec une formulation qui part de vous, vous ne dites pas : “voilà ce que je cherche avec toi”, mais vous êtes simplement honnête sur votre approche de la vie amoureuse.

J’entends déjà votre objection : “Oui, mais si je dis ça, je vais lui faire peur et il va partir” et je vous réponds : si une conversation honnête et mature sur ce que vous voulez dans une relation sérieuse lui fait peur, il n’est sans doute pas prêt à s’engager sérieusement.

Et si vous lisez cet article et que votre relation n’en est plus au début, sachez qu’il n’est jamais trop tard pour vous écouter et oser poser des questions. Votre temps et votre énergie sont précieux et limités.

IV. Que faire de la réponse ?

Vous avez fait le grand saut, la question a été posée, bravo pour votre courage ! Maintenant, restez ouverte sur la réponse. Elle n’est peut-être pas ce que vous attendiez, ou espériez.

Le meilleur conseil à ce stade, si la réponse ne correspond pas à ce que vous vouliez, est de rester honnête avec vous-même. N’essayez pas de vous raconter une version plus confortable de la réponse que vous venez de recevoir. Un exemple typique est le désir d’enfant. Si vous exprimez ce désir, et que la personne en face de vous vous dit “non”, ne vous dites pas : “il n’en veut pas aujourd’hui, mais il peut changer d’avis”. Bien sûr, les exceptions existent, mais ne bâtissez pas votre avenir amoureux sur des suppositions. Cette voie peut être ponctuée de conflits et de rancœurs. Vous méritez une relation avec une personne qui partage avec vous ce qui est important pour vous, et vice-versa.

V. Conclusion

Et vous, aujourd’hui ? Quelle question n’osez-vous pas poser à votre partenaire ?

Si vous avez du mal à traverser une situation difficile, vous pouvez faire appel à moi. Je propose un premier appel découverte gratuit.

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